Extrait du Sondage Express Industrie - 3e trimestre 2008
Publié le 7 novembre 2008
Amorcé au début de l’année 2008, l’essoufflement de l’activité industrielle tourangelle s’est accéléré au cours du 3e trimestre. Les soldes des opinions sur l’évolution des carnets, de la production et de l’emploi déjà négatifs au 2e trimestre ont encore perdu quelques points et expriment une aggravation plus marquée que prévue. 38% seulement des entreprises du panel ont déclaré fin septembre avoir des investissements en cours, c’est un des taux les plus bas enregistré ces dernières années. Les biens d’équipement, qui soutenaient ces derniers mois la dynamique locale, n’ont pas échappé au ralentissement général. Les prévisions ne laissent pas entrevoir de reprise sur le court terme. L’analyse locale est dans la tonalité des enquêtes nationales.
Carnets de commandes > Indicateur/Graphique
La dégradation des carnets s’est poursuivie au 3e trimestre. Les opinions des industriels sur les niveaux de commande comparés au 2e trimestre se traduisent par un solde négatif de -19 tous secteurs confondus. Il atteint -25 dans les biens de consommation et -36 dans les biens intermédiaires. Dans les biens d’équipement, jusque là épargnés, le solde des opinions ne reste que très légèrement positif (+4).
Production > Indicateur/Graphique
Dans la même logique que pour la demande, les chefs d’entreprise attendaient majoritairement un maintien de la production estivale à son niveau du second trimestre, mais la baisse constatée a été plus forte que prévue dans de nombreuses activités. Les trois grands secteurs affichent des soldes d’opinions négatifs, et le solde général est de -11.
Stocks> Indicateur/Graphique
Après la remontée des stocks signalée dans l’enquête du 2e trimestre, le solde d’opinions marque sur le court terme une stabilité globale (+1), mais qui est loin de refléter des évolutions très différenciées selon les activités, en fonction des variations et des anticipations de la demande et des ajustements de la production.
Effectifs/Emploi > Indicateur/Graphique
Alors que 80% d’entre eux prévoyaient de maintenir les effectifs à leur niveau du 2e trimestre, les constats des industriels sur l’évolution de l’emploi sont négatifs, le solde s’établit dans l’ensemble du panel à -11. 53% des chefs d’entreprise ont témoigné d’une stabilité. Les baisses ont été plus fréquentes que prévues et les hausses sont restées rares dans une majorité d’activités. Les soldes d’opinions sont très négatifs dans les biens de consommation (-21) et dans les biens intermédiaires (-32). Les biens d’équipement préservent un solde très positif (+21), soutenus par la construction électrique et électronique.
Investissements > Indicateur/Graphique
Fin septembre, 38% des industriels du panel ont déclaré avoir des investissements en cours. C’est le taux le plus faible enregistré pour un 3e trimestre depuis la mise en place de l’enquête au 1er trimestre de 2001. C’est un recul de 3 points sur le taux de juin. La baisse a touché pour l’essentiel les biens d’équipement, alors que les biens de consommation ont intensifié leurs efforts et que les biens intermédiaires ont maintenu les leurs. La baisse est plus sévère sur un an, elle atteint 14 points sur le taux du 3e trimestre 2007, marquant une dégradation régulière de trimestre en trimestre sur l’année 2008.
Dans un contexte conjoncturel dégradé sur fond de crise financière, les industriels tourangeaux n’envisagent pas, dans l’ensemble, d’amélioration de leur activité sur le 4e trimestre. Ces perspectives négatives affectent toutes les variables, carnets, production, emplois et investissements, ceci dans les trois grands secteurs. Quelques exceptions, notamment pour des raisons saisonnières, permettent de limiter l’ampleur du repli dans quelques branches d’activité des biens de consommation.
Au niveau national,intégrée dans les prévisions générales de l’année 2009 réalisées par les Instituts de conjoncture, l’activité industrielle est attendue en repli dans toutes ses composantes, commande, production, investissement. Mais l’ampleur de ces reculs n’est pas mesurée, si ce n’est pour l’investissement productif dont la croissance, pour 2009, est estimée par Coe-Rexecode à +0,7% contre +2,7% en 2008, et par Xerfiprévisis à +1,3% contre +1,4% en 2008.
La complexité actuelle de l’environnement économique ne permet pas de mesurer l’impact des mouvements qui s’amorcent et qui pourraient amortir les effets de la crise : baisse des prix des matières premières et du pétrole, décroissance de la parité euro contre dollar.