Les activités industrielles, côté entreprises, et le marché immobilier, côté ménages, font les frais d’un début
d’année moins tonique. Ce sont actuellement les seuls indicateurs de ralentissement de l’économie locale
qui portent la marque d’un environnement conjoncturel national et international fragilisé. Le chômage poursuit
sa décrue en Indre et Loire à un rythme un peu supérieur au rythme régional et national. La saison touristique
stimulée par un week-end de Pâques précoce a bien commencé. | | Activité des entreprises | Investissement des entreprises | Dépenses courantes des ménages | Logements des ménages | Emploi | | Résultats | - | = | = | - | + | | Prévisions | ? | + | = | - | + |
Activités des entreprises : ralentissement dans l’industrie au 1er trimestre. Trois indicateurs témoignent d’un essoufflement dans l’activité des entreprises sur le début de 2008. Les opinions des industriels sur leurs carnets de commandes sont moins favorables. Le chiffre d’affaires des entreprises déclarantes en Indre et Loire est en recul sur l’excellent 1er trimestre 2007. Et dernier indice, le travail temporaire enregistre un léger repli sur un niveau de recours élevé. Par contre, le chômage partiel reste rare, les défaillances d’entreprises ont légèrement baissé et les indicateurs d’investissement restent dans l’ensemble bien orientés. Consommation : l’investissement immobilier s’essouffle. Rien de changé pour les dépenses courantes : la sélectivité reste d’actualité. Le marché automobile s’est stabilisé en mars et garde une évolution positive sur le trimestre. Le recours aux crédits à la consommation continue de s’accroître, alors que l’épargne bancaire, gage de sécurité, poursuit une progression régulière. Encore dynamique l’an dernier, le marché immobilier montre, en ce début 2008, les signes d’un net ralentissement. Sur le marché du neuf, la construction individuelle diminue, les stocks augmentent ; sur le marché de l’ancien, les transactions en valeur ont baissé sur le 1er trimestre et les prix se stabilisent. Emploi : le chômage en baisse confirmée début 2008. L’année 2008 commence dans la même tonalité de baisse du chômage. Après un mois de janvier atypique - demande d’emploi en recul (-9,3% / janvier 07 ; -1,24% / décembre 07) alors qu’il est traditionnellement mal orienté - le mois de février confirme la poursuite de l’amélioration (-8,9% / février 07), de manière un peu plus marquée qu’à l’échelle régionale (-8,6%) et nationale (-8,2%). En février, et pour la première fois depuis 8 mois, les flux de sorties de l’ANPE sont nettement supérieurs aux entrées, qui restent cependant nombreuses. Les offres d’emploi déposées à l’ANPE marquent une pause, sauf les propositions d’emplois durables qui se maintiennent à un haut niveau. Activité touristique : mars 2008, des indicateurs au vert liés au décalage du week-end de Pâques. Le mois de mars 2008 est difficile à appréhender compte tenu du décalage du week-end de Pâques en mars cette année (en avril en 2007). Le constat est donc sans surprise : les résultats du mois de mars 2008 et du 1er trimestre 2008 sont bons et supérieurs à ceux des mêmes périodes de 2007. Une comparaison à 2005 - ou le week-end de Pâques était également situé en mars - permet d’apporter quelques nuances. Un réel bilan de ce début d’année ne pourra être fait qu’à la fin du mois d’avril.
Au niveau national : vers une croissance de +1,4% en 2008 pour la France.
En ce début 2008, l’Europe doit gérer les effets collatéraux de la crise financière venue d’Outre-Atlantique ; et dans le même temps, elle doit supporter la flambée des prix des matières premières soutenue par une demande croissante des pays émergents et amplifiée par la situation géopolitique. Dans ce contexte, l’INSEE, dans sa note de conjoncture de mars 2008, annonce un ralentissement dans la zone Euro au 1er semestre qui limiterait la croissance à +0,4% par trimestre. La croissance française en volume prévue pour l’ensemble de 2008 est ramenée à +1,4% contre +1,9% en 2007. Pour les conjoncturistes de l’Institut, la modération devrait toucher les exportations, les investissements des entreprises, la dynamique de création d’emplois. Le taux de chômage se stabiliserait à son niveau actuel (7,5%).
Malgré une augmentation des salaires, le pouvoir d’achat des ménages ne progresserait pas sensiblement (+0,3% au 1er trimestre), absorbé par une inflation que l’INSEE estime à +3% sur l’année, tous produits confondus. Le marché immobilier devrait confirmer le ralentissement amorcé fin 2007, mais sans baisse réelle des prix, compte tenu de taux d’intérêt encore attractifs. La bouffée d’oxygène viendrait de la capacité des ménages à puiser dans leur épargne pour maintenir un bon niveau de consommation courante, un comportement « habituellement » observé par les experts lorsque le pouvoir d’achat stagne. Mais la baisse de la consommation constatée en mars démontre que les mêmes causes ne produisent pas toujours les mêmes effets, notamment quand la perception du risque s’est modifiée… L’autre aléa est un dérapage, au-delà des prévisions, du prix du pétrole (attendu en moyenne sur l’année à 95 $ le baril) et des prix alimentaires. Claude CHERON Achevé de rédiger le 22 avril 2008
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