La reprise s’inscrit en filigrane dans le tableau de bord conjoncturel de ce début d’année.Les indicateurs d’activité des entreprises montrent des signes d’amélioration mais sur des niveaux de pleine crise, loin de la « normale » mesurée sur les moyennes observées des 5 dernières années. C’est le cas du chômage partiel qui reste élevé ou bien du recours à l’intérimencore trop modéré. Les dépenses des ménages sont toujours aussi raisonnables. La petite reprise des crédits à l’habitatne se traduit pas encore concrètement sur les marchés du logement. La recherche d’un meilleur rendement détourne les épargnants des produits d’épargne bancaire. L’emploi reste affecté par cette situation de sous activité et devrait le rester sur la 1ère partie de l’année 2010.L’année aura en effet encore à subir quelques effets à retardement de la récession, tels que les risques de liquidations d’une partie des entreprises mises en redressement judiciaire en 2009, ou le recul du marché automobile neuf après l’envolée de l’an dernier stimulée par la prime à la casse.
>> AU NIVEAU NATIONAL
Les premières estimations de l’Insee chiffrent à +0,6% la croissance au 4e trimestre contre +0,2% au 3e trimestre. Ce qui établit à -2,2% le recul du Produit Intérieur Brut sur l’année 2009, la baisse « la plus importante depuis l’après-guerre ». La contribution majeure au taux de croissance du 4e trimestre est venue d’une reconstitution des stocks qui a stimulé la production industrielle. La consommation des ménages, portée notamment par le secteur automobile, a augmenté légèrement en fin d’année. Par contre, au titre des contributions négatives à la croissance du 4e trimestre, on compte la baisse des dépenses d’investissement des entreprises et des ménages ainsi que le commerce extérieur. Pour ce dernier, la fin de l’année a été marquée par un ralentissement des exportations et une accélération des importations.
Ce relatif bon résultat du 4e trimestre pour l’économie française inspire aux économistes nationaux une révision à la hausse de la croissance 2010. Le Consensus Forecast composé de 10 instituts (hors Insee) tablent majoritairement sur un taux compris entre 1,1% et 1,8%. Quelque soit le taux avancé, l’unanimité se fait pour une croissance qui restera modérée en 2010 et 2011.
Claude CHERON
Achevé de rédiger le 23 février 2010